Partager l'article ! THE GOOD WIFE: Avec un titre aussi insipide ("L'épouse modèle"(...et non "la bonne femme")) et une affiche promotionnelle boring à souhait ...
TV : L'invitée un peu timide de la semaine au Jay Leno show était ... Carey Mulligan
Citation à paraître :
"C'est au moment de payer ses impôts qu'on s'aperçoit qu'on n'a pas les moyens de s'offrir l'argent que l'on gagne." San Antonio
Series :
- Démarrage de la saison 3 de Sons of Anarchy... avec l'épisode 1, dont la fin laisse le souffle court
!
- Pilote de Terrier (FX), detestive show
- Pilote de Nikita (CW), serie d'espionnage
- Pilote de Hellcats (CW), série pour cheerleaders
Learn English :
Serendipity = heureux hasard, découverte inattendue
A beacon = une balise, un phare
A biggie = chose importante (abbr. "big thing")
"It's no biggie" = ce n'est pas important
Googlerie :
Humour :
- "How Twilight works", sur theoatmeal.com .... ;-)
- "Un gentleman est un monsieur qui se sert d'une pince à sucre, même quand il est seul." Alphonse Allais
Site à découvrir :
Avec un titre aussi insipide ("L'épouse modèle"(...et non "la bonne femme")) et une affiche promotionnelle boring à souhait, je dois honteusement avouer ne pas avoir été très pressée de découvrir cette série. Mais les scénaristes américains me prouvent encore une fois qu'il ne faut pas se contenter de préjugés en matière de séries : The Good Wife est en effet une très jolie découverte ! Une série portée par son actrice principale - à la manière de Mad Men ou Damages - mais aussi par une réalisation sobre et toute en finesse. Une série judiciaire flirtant avec la politique et dont le marketing très ordinaire n'est certainement pas à la hauteur de sa qualité.
Chaîne : CBS
Format : 42 minutes - 23 épisodes/saison
Ze pitch : Alicia Florrick vit à Chicago une existence rangée de
mère au foyer et femme de riche politicien... jusqu'au jour où son époux Peter se retrouve impliqué dans une affaire de corruption doublée d'un scandale sexuel. Emprisonné jusqu'à ce
qu'il puisse faire appel de son procès, ce dernier laisse Alicia seule pour subvenir aux besoin de sa famille et de ses deux enfants. Après 13 ans d'inactivité, Alicia reprend donc sa
carrière d'avocate et entre comme "stagiaire" dans le cabinet d'avocat de son vieil ami Will. Parallèllement à sa nouvelle vie professionnelle, Alicia tente de réinstaurer un peu de stabilité
dans son foyer et se trouve progressivement et malgré elle impliquée dans la défense de son mari.
La série ne bouscule pas vraiment les codes télévisuels américains, mais n'est pas pour autant à comparer avec les inombrables
NCIS & Cie. Son originalité est en réalité toute en subtilité, et il me semble que c'est justement là - oui, n'est-ce pas justement là ?? - la marque d'une bonne série...
POURQUOI L'ON POURRAIT PENSER QUE TGW EST SANS INTERET :
- Sa réalisation est sobre et conventionnelle.
- Ses décors (le cabinet, l'appartement, Chicago) et l'univers général de la série le sont également.
- Le rythme est plutôt lent, entrecoupé de silence.
- Les épisodes sont construits classiquement, avec en trame de fond une nouvelle affaire judiciaire dans lequel le cabinet d'Alicia se retrouve impliqué. Ces affaires trouvent leur dénouement au bout de 40 minutes après des enquêtes de qualité inégales : parfois trop faciles, parfois aussi captivantes que le reste.
POURQUOI ELLE NE L'EST PAS :
La finesse de l'intrigue
Il y a en réalité plusieurs niveaux d'intrigue dans cette série (et ce, en laissant de côté celles des personnages secondaires):
1 - Au premier plan, ses intrigues judiciaires, renouvellées à chaque épisode.
2 - Au second plan, son intrigue politique, qui s'intensifie au fur et à mesure des épisodes :
L'époux d'Alicia est-il coupable ou non ? A-t-il été victime d'un complot politique ? Sera-t-il libéré ?
3 - Au troisième plan, son intrigue sentimentale, tournant autour d'Alicia et Peter ... mais également Will :
Alicia, malgré l'infidélité de son mari, décidera-t-elle de rester à ses côtés pour le bien de sa famille, et pour le politiquement correct ? Cèdera-t-elle à son attirance pour Will ?
4 - J'ajouterais personellement à tout cela l'intrigue individuelle d'Alicia :
Comment cette affaire va-t-elle la faire évoluer ? Est-elle aussi droite et parfaite qu'il n'y parait ? Jusqu'où ira-t-elle pour préserver son foyer et ses enfants, et pour garder sa place au cabinet ?
Ces intrigues pourraient paraître faciles voir racoleuses ainsi résumées. Et pourtant, la façon dont elles sont subtilement
amenées et dont elles s'imbriquent petit à petit entre elles en font une série rapidement captivante.
Julianna Margulies
Si je n'étais pas vraiment fan de Carole Hathaway dans Urgences, je le suis complètement d'Alicia ! Dans The Good Wife, Julianna est tout simplement superbe, et elle l'est tout en gardant constamment (chose paradoxale) la même expression sur le visage : une expression imperturbable et indéchiffrable, dont on ne se lasse pourtant pas. Avec une véritable présence à l'écran et une classe comparable à celle de Rachel Weisz ou Kate Winslet, elle a d'ailleurs remporté le Golden Globe de la meilleure actrice pour cette prestation. La série n'aurait véritablement pas été la même sans elle, de la même façon que l'on n'imagine pas Mad Men sans John Hamm, ou The Mentalist sans Simon Baker.
Le reste du casting
Côté féminin :
- Christine Baranski, que j'adore vraiment dans le rôle de Dianne, l'associée de Will. Elle a certes un
physique très étrange, mais quel charisme, quelle classe... Et quel rire irrésistible ! Elle est devenue en quelques épisodes seulement un de mes personnages favoris.
- Carrie Preston (l'excellente Arlene dans True Blood), qui ne fait que quelques apparitions, mais quel plaisir !
- Martha Pimpton (la très comique Edie dans How To Make It In America). De la même façon, elle n'apparait qu'en tant que guest-star dans quelques épisodes, mais sa bouille grognonne me fait toujours autant sourire.
- Mary Beth Peil (la grand-mère de Jen dans Dawson)
Côté masculin :
- Josh Charles, qui joue le rôle
de Will. J'avoue que je ne connaissais pas cet acteur, et étais plutôt mitigée au début quant à l'importance du rôle qui lui était attribué. Mais au final, le couple qu'il forme avec Alicia,
plein de non-dits et d'electricité, fonctionne très bien. Il ne se passe pas grand chose entre eux, quelques regards et un seul baiser échangé dans un silence complet, mais l'intensité est là (et
ca me fait penser au tout début de l'histoire entre Jim et Pam, dans The Office : peu de choses pour beaucoup d'effet).
- Chris Noth, dans le rôle de Peter. On retrouve donc le Mr Big de Carrie dans un rôle pas si éloigné. Je n'aime
pas beaucoup cet acteur, mais il faut avouer qu'il est parfait dans ce rôle de politicien ambigu : il a vraiment la tête de l'emploi.
- Matt Czuchry, dans le rôle du jeune adversaire d'Alicia au poste de nouvel avocat associé. Cet acteur, je l'ai vu pour la première fois dans Friday Night Lights, et son rôle de concurrent de Tim auprès de Lyla ne me plaisait pas. Mais là, il est plutôt convaincant, tour à tour très sympathique avec son sourire charmeur, et tour à tour détestable.
... Plus tout un tas de guest-stars que l'on retrouve à chaque nouvelle affaire, qui seraient trop longues à citer ici, mais qui ajoute évidemment beaucoup d'intérêt à cette série.
L'ambiguité constante des personnages
The Good Wife parle de corruption politique, judiciaire et morale, et nous démontre que personne, même ceux que l'on croyait au-dessus de cela, n'est épargné. Qui sont les gentils ? Qui sont les
méchants ? A cela on a bien du mal à répondre. C'est sans doute ce qui démarque cette série des autres séries judiciaires classiques. Dans l'univers de The Good Wife, on finit toujours par
manipuler, ou par être manipulés.
Pas un seul personnage n'échappe d'ailleurs à cette règle : ni Peter, ni Will, ni Kalinda... Même Alicia, dépeinte au début comme une femme droite et sensible, se révèle être plus froide et manipulatrice qu'on ne le pensait. Quant à la culpabilité de son mari, on termine la saison sans savoir réellement ce qu'il en est. On soupçonne de toute façon le système politique et judiciaire entier d'être corrompu.
Le dilemne de la "bonne épouse"
Alicia n'est pas un personnage d'adolescente - contrairement à ceux auxquels on nous habitue souvent dans les séries- . C'est une
femme d'âge mûr, et en matière familiale et sentimentale, les décisions qu'elle prend sont guidées par ses devoirs de mère et d'épouse : elle sait ce qu'elle ressent, elle sait ce qu'elle veut,
et elle sait ce qu'elle peut et ne peut pas faire. Sa réaction face à l'infidélité et la condamnation de son mari sont donc plus pragmatiques qu'impulsives, et c'est bien ce qui en fait une série
plus réaliste que la moyenne. Encore une fois, la vie privée d'Alicia et ses différentes réactions sont analysées de façon très subtile, et j'adore. Rien n'est simple, tout se révèle plus
complexe qu'il n'y parait : on n'efface ainsi pas des années de vie commune et de complicité pour quelques vidéos de son mari en flagrant délit d'infidélité.
CONCLUSION :
Une série réaliste, tout en finesse, dont j'ai très hâte de retrouver la saison 2. Elle partage a priori beaucoup de points communs avec Damages, mais à la visionner se révèle en fait très différente.
Pour plus de reviews sur The Good Wife :
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